Jean-Pierre Corbel : « Attaquer la liquidité de l’assurance vie pour éviter une fuite des capitaux » |
|
|
|
| Écrit par Infomedia | ||
| Mercredi, 17 Août 2011 08:59 | ||
|
CRISE FINANCIERE Jean-Pierre Corbel, président du cabinet de conseil de gestion de patrimoine Corbel Conseil et chargé d'enseignement à l'Université Paris IX Dauphine, estime qu'il faut revenir sur les possibilités de sortie anticipée de l'assurance vie pour préserver l'épargne à long terme.
A mon avis les Etats paieront : je ne suis pas inquiet quant à la capacité des pays non périphériques à réduire leur endettement et à honorer leurs échéances, au prix de sacrifices et d'un tour de vis fiscal très lourd qui pourraient coûter cher à la croissance du PIB. Les citoyens de France et d'Italie disposent d'une richesse patrimoniale et génèrent des flux suffisants. Quelles pourraient être les conséquences sur l'assurance vie, les fonds en euros en particulier ? Cette crise pourrait signer la fin de l'assurance vie. En tout cas sous sa forme actuelle : la France est le seul pays qui permet d'investir sur les taux longs avec la liquidité des taux courts (il est possible de sortir avant 8 ans sous la forme de rachats partiels avec une fiscalité alourdie, NDLR). Je ne vois qu'une seule solution pour préserver l'épargne à long terme sans mettre en danger le marché obligataire et éviter une fuite des capitaux en cas de contagion de la crise de la dette : il faudrait attaquer la liquidité de l'assurance vie. De quelle manière une telle mesure pourrait-elle être mise en œuvre ? Je vois deux façons de procéder. Le législateur pourrait interdire les sorties avant 8 ou 10 ans pour nouveaux contrats d'assurance vie, sous peine de pénalités très fortes sur le plan fiscal. Seules seraient autorisées les sorties à titre exceptionnel prévues pour l'épargne salariale comme l'achat de la résidence principale, le mariage, la naissance d'un enfant, l'invalidité de l'épargnant, la perte d'un emploi, etc. Ce serait la solution la plus soft. La solution la plus radicale serait de s'attaquer au stock de contrats d'assurance vie existants en limitant les sorties à 10% de l'encours par an. En savoir plus |


















