Assurance vie : « pas de raison de céder à la panique » (Philippe Crevel, Cercle des Epargnants) |
|
|
|
| Écrit par Infomedia | ||
| Mardi, 16 Août 2011 11:42 | ||
Comment expliquer, dans le cadre de la crise de la dette dans la zone Euro, l'exposition de l'assurance vie à la dette d'Etats dont on évoque le risque de faillite ? Les portefeuilles de placements des assureurs subissaient depuis 2008 la baisse des taux des emprunts des pays notés triple A qui ont atteint un niveau très faible avec par exemple un Bund (emprunt d'Etat allemand à 10 ans) sous les 3%. Mais il n'y a pas que des obligations d'Etat dans ces portefeuilles. Pour offrir des taux au-delà de 3% sur les fonds en euros, les assureurs ont dû chercher du rendement sur des dettes d'Etat un peu moins bien notées et des obligations d'entreprises au taux de rendement supérieur. Cette situation a conduit à accroître l'exposition des portefeuilles des assureurs au risque, dans les limites de la réglementation. Dès lors, faut-il « casser » son contrat d'assurance vie au profit d'autres formes de placements financiers ? A ce stade, il n'y a pas de raison de céder à la panique : l'assurance vie en euros est un placement sans risque, les compagnies effectuent des placements diversifiés en obligations d'Etat, d'entreprises, monétaires et immobiliers qui les mettent à l'abri de la défaillance d'un Etat comme la Grèce. Il faut avoir à l'esprit que les assureurs garantissent les fonds en euros qui représentent 85% de l'épargne gérée en assurance vie. Ils doivent être capables d'offrir cette garantie contre tout risque. Dans l'hypothèse où la crise venait à s'étendre à la dette italienne, ce ne serait plus le même schéma, on atteindrait une autre dimension, ce pays représentant une poche plus importante des portefeuilles des assureurs. La situation serait systémique mais l'assurance vie ne serait pas la seule concernée. Autrement dit, il faudrait que la défaillance soit générale pour que l'assurance vie soit en difficulté. Quel peut être l'impact de la crise de la dette en Grèce sur les contrats d'assurance vie ? S'agissant de la Grèce, les conséquences sont assez marginales : l'assurance vie en euros représente environ 1200 milliards d'euros d'encours alors que la dette grecque totalise 350 milliards, répartis dans les portefeuilles d'investisseurs de différentes origines. L'impact de la restructuration de la dette de la Grèce n'est pas nul mais ne devrait représenter que quelques euros de rendement en moins pour chaque assuré. Le CAC 40 a fortement baissé depuis la mi-juillet. Quelle est l'exposition des assureurs aux marchés boursiers et faut-il s'attendre à une nouvelle baisse des rendements des fonds en euros en 2011 ? Les actions de sociétés cotées représentent une petite poche des portefeuilles des assureurs qui a diminué ces dernières années. La proportion varie selon les compagnies d'assurance de 5 à 7% maximum. L'impact d'une baisse est donc relatif. Aussi, les assureurs ont une gestion dynamique de recherche des plus-values sur les actions pour réaliser la performance voulue de leur fonds en euros et les mouvements erratiques des marchés ne sont pas complètement déconnectés de cette logique. Au début de chaque année, les assureurs définissent un programme d'obtention de plus-values à dégager sur un portefeuille et peuvent profiter de la volatilité des marchés pour réaliser ces plus-values. Or pour le rendement du fonds en euros, c'est la plus-value qui compte. |


















